Renforcer la coopération au développement fondée sur des données probantes en Suisse – Vue d’ensemble

La coopération suisse au développement doit relever le défi d’accroître encore son efficacité dans un monde marqué par de multiples crises et des budgets en baisse. Un document d’orientation récemment publié présente les pistes permettant à la Direction du développement et de la coopération (DDC) de renforcer son rôle moteur dans la coopération au développement fondée sur des données probantes.
S’appuyant sur les recommandations du Comité de contrôle parlementaire de l’administration (CCPAP), une évaluation par les pairs de 2020 et une étude de l’ETH Zurich, trois axes d’action clés ont été identifiés :
- Renforcer l’utilisation des données probantes : La DDC devrait améliorer l’accès aux données probantes existantes, par exemple grâce à une base de données conviviale inspirée de celle de la banque de développement allemande KfW. Un service d’assistance téléphonique dédié aux données probantes pourrait aider le personnel de la DDC à les utiliser concrètement. Par ailleurs, les données probantes devraient être systématiquement intégrées aux propositions et aux évaluations de projets.
- Renforcer la production de données probantes de haute qualité : Le document d’orientation recommande d’établir un nombre minimal d’évaluations rigoureuses, notamment pour les projets d’importance stratégique et ceux dotés de budgets importants. Au moins 1 % des fonds suisses de l’APD (Aide publique au développement) devraient être réservés au suivi, à l’évaluation et à l’apprentissage (SEA). La réintroduction des « Prix d’impact » pourrait inciter les ONG suisses à mener des études rigoureuses.
- Créer une culture institutionnelle de la preuve : la priorité politique accordée à la coopération au développement fondée sur des données probantes est essentielle, notamment par la signature de l’Engagement mondial 3ie pour la preuve. La formation du personnel et des partenaires de la DDC, ainsi que la création de postes d’experts permanents, devraient permettre de garantir l’expertise nécessaire.
Ces mesures visent à accroître l’efficacité de la coopération suisse au développement grâce à des décisions scientifiquement rigoureuses. Une coopération au développement fondée sur des données probantes profite non seulement aux plus pauvres, mais répond également aux normes modernes de redevabilité et renforce l’acceptation de la coopération au développement par le public.
La coopération suisse au développement obtient déjà de bons résultats au niveau international. Les améliorations proposées ne doivent pas servir de prétexte à des coupes budgétaires, mais être perçues comme une opportunité d’optimiser encore son efficacité.
Cet article de blog s’appuie sur le document de politique générale « Renforcer la coopération au développement fondée sur des données probantes en Suisse » de Coopération Globale.